Rubavu–Goma : Une jeunesse mobilisée pour la paix

À l’issue d’un forum de cinq jours organisé à Rubavu au Rwanda ayant réuni des jeunes du district de Rubavu au Rwanda et ceux de la ville de Goma en RDC, les participants affirment avoir acquis des compétences essentielles pour promouvoir la paix des deux côtés de la frontière et lutter contre les discours de haine.

Dec 3, 2025 - 16:59
Dec 3, 2025 - 19:21
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Rubavu–Goma : Une  jeunesse mobilisée pour la paix
Les jeunes de Rubavu et Goma déterminés à promouvoir la paix ( Photo Thierry N.)

Au cours de cet échange, les jeunes ont été formés à l’analyse critique de l’information afin de distinguer les faits des rumeurs, à la prévention de la manipulation à des fins personnelles, ainsi qu’au renforcement des relations entre les deux pays.

Hornella Musana, membre du Club des Jeunes pour la Vie basé à Goma, se réjouit de cette opportunité et assure que les connaissances acquises lui permettront de mieux filtrer les informations qu’elle reçoit et de sensibiliser ses pairs.
« Grâce à ce que j’ai appris ici, je vais désormais analyser chaque information pour déterminer si elle est fiable ou non. Nous sommes souvent confrontés à de fausses nouvelles. Je vais aider mes camarades à promouvoir un véritable esprit de fraternité et à vérifier les informations avant de les partager », explique-t-elle.

De son côté, Ujeneza Deogratias, originaire de Rubavu, affirme qu’il attendait de cette rencontre des enseignements sur la construction de la paix et la découverte de la culture des jeunes de Goma.
« Ma première attente était d’apprendre comment bâtir la paix, car on peut en avoir la volonté sans savoir par où commencer. Je voulais aussi mieux connaître ceux qui viennent d’en face, découvrir leur culture et échanger avec eux, ce qui s’est réellement concrétisé », confie-t-il.

Il ajoute avoir appris comment utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir la paix et contrer les messages haineux.
« On nous a montré comment communiquer sur les réseaux afin de valoriser la paix et démontrer la fiabilité des informations que nous partageons. Beaucoup de personnes diffusent des rumeurs ; nous, on nous a appris à utiliser ces plateformes pour la promotion de la paix. »

Uwase Neema Uwamahoro, du groupe Vision Jeunesse Nouvelle, souligne quant à elle l’importance de bâtir la fraternité au-delà des barrières linguistiques.
« J’ai appris qu’on peut construire une relation fraternelle même sans parler la même langue. Nous avons également appris à combattre les fausses informations circulant sur nos deux pays, à mieux comprendre la culture de l’autre et à devenir des acteurs de paix. »

Pour Me Serge Aurel Kashagarhiro, coordinateur du Club des Jeunes pour la Vie, ce forum est d’une grande utilité puisqu’il offre un espace de dialogue et de réflexion sur la paix.
« Ce forum a permis d’aborder les questions de paix et de lever certaines barrières qui existent entre les jeunes de Goma et de Gisenyi, notamment en luttant contre les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux », explique-t-il.

Frère Vital Ringuyeneza, directeur  de Vision Jeunesse Nouvelle  organisateur  de ce forum   , rappelle que la construction de la paix est un processus continu.
« Nous clôturons le forum, mais dans la vie quotidienne, les jeunes restent engagés dans diverses actions de paix. La paix doit commencer au niveau individuel : lorsque chacun accomplit ses responsabilités dans la sérénité, la paix durable devient possible. Nous poursuivrons l’accompagnement des jeunes afin qu’ils soient des acteurs et des ambassadeurs de paix partout où ils se trouvent. »

Selon David Jonathan Feshner, représentant de la GIZ, les conflits de la région ne peuvent être résolus par un seul pays, mais par une action conjointe. Il rappelle également que la jeunesse joue un rôle crucial dans la résolution de ces conflits.

Ce  forum a rassemblé une cinquantaine de jeunes de Goma et de Rubavu. Outre les sessions de formation sur la paix, les participants ont visité le mémorial du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, « Commune Rouge », et ont partagé un moment d’échanges culturels à travers des activités récréatives.

 Nkurunziza Théoneste /Radio Izuba